Intervenir face au conflit


 

« Le droit ne fait pas la paix, il fait la guerre », Charles Péguy

 

La relation interpersonnelle peut se comparer à l’acte de marcher : tout aussi spontané que naturel. Deux personnes se dirigeant l’une vers l’autre devront inéluctablement ralentir ou dévier leur trajectoire pour éviter la collision. Elles peuvent également choisir de maintenir le cap…pour quelle conséquence ? L’impasse ? Le blocage ? La confrontation ?

A présent, faisons marcher ces deux personnes ensemble côte-à-côte. Sans doute iraient-elles bien plus loin…

Aborder la relation conflictuelle est un peu à l’image de nos marcheurs : il existe deux conceptions et deux conséquences bien différentes pour ces derniers.

Dans la première alternative l’affrontement produit une décision imposée par une autorité. Les parties s’y soumettent, plus ou moins volontiers, avec peut-être le sentiment de ne pas avoir été écoutées comme elles l’imaginaient. L’émotion restera sans doute vive et beaucoup de temps aura été perdu. Il s’agit du principe d’adversité, où la vision accusatrice vise à séparer, à se protéger de l’autre.

Il s’agit de la solution du rapport de force, de la domination ou de la résignation, propre à la procédure judiciaire.

 

Dans la seconde alternative l’exercice consiste à se centrer sur chacun, dans un esprit contributif. Les parties partagent et comprennent leurs positions, leurs enjeux. Elles deviennent autonomes en décidant librement des engagements à tenir. Elles s’affirment dans leurs attentes, besoins et intérêts respectifs. Il s’agit du principe d’altérité, où la vision réparatrice vise à rapprocher, à responsabiliser et à décider ensemble.

Il s’agit de la solution du rapport de reconnaissance, permettant la reprise ou l’aménagement des relations, propre au processus de médiation.

 

 

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